C'est à mi-chemin entre l'art brut et l'art graphique, entre le tableau et l'affiche, entre la ville et la campagne, que se situe mon univers artistique. Créés dans un atelier entouré d'arbres et de vert, c'est tout de même inspirée par la grande ville, par son béton et ses palissades remplies d'images usées par la pluie, le soleil et le vent que j'habille mes personnages.

Mon travail parle de l’humain, de ce qu’il tente de dire et de ce qu’il essaie de taire. Je mets en image ses silences, ses secrets, ses blessures et ses cris vides de son. Mon travail se veut intense, franc et sans détour. Mon processus de création ne se fait pas dans le but d’atteindre une image belle et esthétique, mais dans celui d’arriver à exprimer ce qui veut se manifester au risque de déranger celui qui regarde.


« Influencée, entre autres, par l’illustrateur Lino, elle admet que ses personnages peuvent s’avérer effrayants. « Mais il y a tellement de liberté sur le plan esthétique », plaide-t-elle. Liberté ou plutôt libération, puisque Linda Vachon perçoit des bribes autobiographiques dans chacun de ses protagonistes. « Beaucoup d’artistes ferment la porte à cette partie du monde intérieur qui peut être dérangeante. Moi, ça me fait du bien d’y aller. Quand je regarde le travail accompli, je découvre ce que j’avais à exprimer », confie-t-elle. »
Andrée-Anne Fréchette, juin 2016, L’Artis.

« Chez Linda Vachon, l’anxiété, la détresse, ne sont jamais bien loin, mais tout comme c’est le cas chez Martine Birobent, elles sont désamorcées par une approche visuelle équilibrée, un recours à la résilience. Linda Vachon est la dernière artiste repérée par Martine avant son décès. Linda Vachon créé des silhouettes humaines aux contours marqués (Hard-Edge), aux traits BD, qu’elle reproduit, colle, use, sur lesquelles elle intervient pour leur conférer des couches de sens additionnelles. Elle précise son propos au fur et à mesure qu’elle attaque le panneau de bois qui sert de support à l’œuvre. À l’instar d’une Catherine Ursin, Linda Vachon privilégie une esthétique post-punk qui donne à ses œuvres un caractère très iconographique. »
Jean-Robert Bisaillon, 6 aout 2016,
Galerie des Nanas, Danville.

Legal imprint